vendredi 15 août 2008

Découverte...

Après une immersion dans la philosophie, c'est aujourd'hui dans la poésie que je me plonge, je ressens le besoin, l'envie de m'imprégner de la volupté des poètes, de leurs rêves, leurs idées, leurs idéaux, leurs visions de la vie, leurs pensées, leurs utopies, leur mélancolie également...
Et mon choix s'est porté sur Paul Eluard, dont je ne connaissais enfin de compte pas le talent poétique et sa formidable inclination pour le thème de l'Amour. Trop préoccupée à l'associer au mouvement Dadaïste puis Surréaliste, dont l'étude ne m'a pas laissée le meilleur souvenir qui soit, j'en ai oublié de le lire et donc de l'apprécier. Un auteur se lit comme la musique s'écoute, il compose avec les mots comme le musicien le fait avec les notes. Et ce, dans l'unique but d'offrir une œuvre qu'il nous est donner d'estimer à sa juste valeur.
Pour le découvrir, je vous propose trois poèmes (jamais deux sans trois...), Ma morte vivante, L'absence et Je rêve , qui me touchent particulièrement. Et vous incite vivement à découvrir ou redécouvrir cet artiste des mots (cf. La mort, l'amour, la vie)

Ma morte vivante


Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

L'absence

Je te parle à travers les villes
Je te parle à travers les plaines
Ma bouche est sur ton oreiller
Les deux faces des murs font face
A ma voix qui te reconnaît
Je te parle d'éternité O villes souvenirs de villes
Villes drapées dans nos désirs
Villes précoces et tardives
Villes fortes villes intimes
Dépouillées de tous leurs maçons
De leur penseurs de leurs fantômes


Campagne règle d'émeraude
Vive vivante survivante
Le blé du ciel sur notre terre
Nourrit ma voix je rêve et pleure
Je ris et rêve entre les flammes
Entre les grappes du soleil Et sur mon corps ton corps étend
La nappe de son miroir clair.


Je rêve

Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage de tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde
Clairs et perpétuels.

Et quand tu n'es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

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